Mère se posant des questions à côté de son enfant endormi, comprendre le sommeil de son enfant

Comprendre le sommeil de son enfant, pourquoi est-ce si important ?

Quand les parents me contactent, c’est souvent après des semaines, parfois des mois, de fatigue.

Ils veulent comprendre pourquoi leur enfant se réveille encore la nuit, pourquoi les couchers sont compliqués ou pourquoi un enfant qui semble épuisé refuse pourtant de dormir.

Et c’est bien normal, quand on manque de sommeil, on cherche surtout des solutions.

Pourtant, avant de chercher comment améliorer le sommeil de son enfant, il y a une étape que je trouve essentielle : comprendre comment il fonctionne.

C’est d’ailleurs pour cette raison que j’envoie toujours un document aux familles avant notre premier rendez-vous. Non pas pour leur demander de changer quoi que ce soit, mais pour leur donner quelques repères.

Car avec la fatigue viennent souvent les doutes :

Est-ce que je fais quelque chose de travers ?
Est-ce que j’ai créé une mauvaise habitude ?
Est-ce que ce qu’on vit est normal ?

La première chose que je rappelle aux parents, c’est que leur enfant ne dort pas mal pour les embêter. Le sommeil n’est ni un caprice, ni un manque de volonté. Il y a des mécanismes derrière tout ça. Et quand on commence à les comprendre, vous verrez, beaucoup de choses feront sens !

    Le sommeil est guidé par une horloge biologique

    La première chose à comprendre, c’est que votre enfant a déjà sa propre horloge interne : comme vous et moi !
    On appelle ça le rythme circadien (si le sujet vous intéresse, voici un article de l’INSERM qui en parle très bien).

    Ce qu’il faut retenir, c’est que le corps de votre enfant suit un rythme naturel, une sorte d’horloge interne qui lui indique quand être éveillé… et quand être prêt à dormir.

    Et cela change beaucoup de choses.

    En tant que parent, on a souvent l’impression que le sommeil est quelque chose que l’on peut déclencher : on fait la routine, on ferme les volets, on lit une histoire, on dit bonne nuit… Mais le sommeil ne fonctionne pas comme un interrupteur.

    Nous pouvons créer les bonnes conditions pour favoriser l’endormissement, mais nous ne pouvons pas forcer le corps à s’endormir avant qu’il ne soit prêt.

    C’est justement là que comprendre le fonctionnement du sommeil devient si précieux.

    Si l’on essaie de coucher un enfant alors que son corps n’est pas prêt, il est normal que cela coince. À l’inverse, si l’on attend trop longtemps, cela peut devenir compliqué aussi.

    C’est d’ailleurs quelque chose que nous connaissons bien en tant qu’adultes. Quand on rate son « bon moment » pour aller dormir, il arrive qu’on se sente finalement plus réveillé qu’avant.

    Chez les enfants, c’est exactement la même chose. La différence, c’est qu’eux ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils ne savent pas encore reconnaître leur fatigue, l’anticiper ou la gérer. Ils la vivent, tout simplement.

    Et cette fatigue ne ressemble pas toujours à ce que l’on imagine.

    Un enfant fatigué ne ressemble pas toujours à un enfant fatigué

    C’est probablement l’un des plus grands pièges lorsqu’on parle de sommeil. On pourrait penser qu’un enfant fatigué est un enfant qui baille, se frotte les yeux ou réclame son lit. Parfois, c’est le cas. Mais parfois, pas du tout.

    Certains enfants réagissent à la fatigue en devenant surexcités : ils courent partout, rient davantage, s’opposent à tout, pleurent plus facilement ou semblent particulièrement sensibles. Bref, ils donnent parfois l’impression d’être en pleine forme alors qu’en réalité ils sont simplement très fatigués.

    C’est un piège dans lequel beaucoup de parents tombent. On se dit « Manifestement, il n’est pas fatigué. » Alors qu’en réalité, il l’est. Il exprime simplement sa fatigue autrement.

    Les bébés ne savent pas encore gérer leur fatigue

    Contrairement à nous, adultes, les bébés et les jeunes enfants n’ont pas encore appris à gérer leur fatigue. Quand nous commençons à fatiguer, nous adaptons généralement notre journée, nous ralentissons, nous nous reposons un peu… ou nous prenons un café !

    Les tout-petits, eux, ne savent pas encore faire cela.

    Ils ont besoin qu’on les accompagne :
    – en repérant leur rythme,
    – en proposant le sommeil au bon moment,
    – en leur offrant des repères rassurants.

    Et je trouve cela important à rappeler, car beaucoup de parents vivent les difficultés de sommeil comme un échec. Pourtant, bien dormir n’est pas une compétence innéeLe sommeil, surtout chez les tout-petits, est quelque chose qui se construit progressivement. Votre rôle n’est pas de forcer votre enfant à dormir, mais de l’aider et de l’accompagner pour qu’il puisse trouver le sommeil dans les meilleures conditions.

    Et toute la nuance est là.

     

    La régularité aide beaucoup plus qu’on ne le pense

    Je sais que le mot « régularité » peut donner envie de lever les yeux au ciel quand on traverse déjà des nuits compliquées.

    Et rassurez-vous, je ne parle pas d’un quotidien réglé à la minute près (pas question de mettre une alarme à 18 h 43 !).

    Mais le sommeil aime les repères. Le corps aime savoir à quoi s’attendre. Lorsque les heures de coucher et de réveil restent relativement cohérentes, il devient plus facile pour l’enfant d’anticiper les moments de sommeil. Et cela a souvent des effets bien au-delà des nuits. Un enfant bien reposé aura généralement plus de ressources pour gérer les transitions, les frustrations ou les petits imprévus du quotidienÀ l’inverse, un enfant épuisé sera souvent plus sensible et plus vulnérable sur le plan émotionnel.

     

    La routine du coucher n’est pas là pour “faire dormir”

    C’est aussi quelque chose que je répète très souvent, la routine du coucher n’est pas une technique magique pour endormir un enfant. Son rôle est avant tout de préparer la transition entre l’agitation de la journée et le calme de la nuit. Lorsque les mêmes étapes se répètent soir après soir, le cerveau apprend progressivement à les associer au moment du coucher.

    Bain, pyjama, histoire, câlin… peu importe la routine choisie, finalement. Ce qui compte, c’est qu’elle soit prévisible, rassurante et suffisamment calme pour aider votre enfant à se détendre. Elle ne fait pas dormir à elle seule, mais elle prépare le terrain pour que le sommeil puisse arriver plus facilement.

     

    Petit train du dodo, illustration de Jennifer Aubine, comprendre le sommeil de son enfant

    Le fameux “train du sommeil”

    C’est une image que j’utilise souvent parce qu’elle parle généralement très bien aux parents. Chaque enfant a un moment où son corps est naturellement prêt à s’endormir. Et lorsque cette fenêtre est manquée, les choses peuvent devenir beaucoup plus compliquées.

    Combien de fois ai-je entendu : « Je ne comprends pas, il avait l’air fatigué il y a une heure et maintenant il est surexcité ! »

    En réalité, cela s’explique assez simplement. Lorsqu’un enfant accumule trop de fatigue, son organisme peut produire davantage de cortisol, l’hormone du stress. Et au lieu de favoriser l’endormissement, cette réaction a tendance à le stimuler davantage.

    Résultat :
    – l’endormissement devient plus difficile,
    – les pleurs peuvent être plus importants,
    – les réveils nocturnes plus fréquents.

    C’est souvent ainsi que s’installe un cercle vicieux : plus l’enfant est fatigué, plus le sommeil devient compliqué… et plus la fatigue s’accumule.

     

    La qualité du sommeil compte autant que la quantité

    Autre chose que j’explique régulièrement aux parents dans mes accompagnements : dormir longtemps ne signifie pas forcément bien dormir. Un enfant qui passe beaucoup d’heures au lit mais se réveille fréquemment ne récupère pas de la même manière qu’un enfant dont le sommeil est plus continu et réparateur.

    À l’inverse, certains parents finissent par se demander si leur enfant n’aurait tout simplement besoin de moins dormir que les autres. C’est possible, bien sûr. Mais dans la majorité des cas, ce n’est pas ce que j’observe. Car le sommeil appelle le sommeil. Un enfant trop fatigué dort souvent moins bien, pas mieux. Cela peut paraître contre-intuitif, mais c’est une situation que je rencontre très régulièrement dans les accompagnements.

     

    Et parfois… il faut regarder du côté médical

    Même si beaucoup de difficultés de sommeil s’expliquent par le rythme, les habitudes ou le développement, il faut toujours garder cette possibilité en tête.

    Parfois, quelque chose gêne réellement le sommeil :
    – un reflux,
    – une douleur,
    – des allergies
    des apnées (si vous avez un doute, je vous conseille cet article de chez Ameli.fr) …

    Si quelque chose vous inquiète, il faut l’explorer.

     

    Comprendre le sommeil de son enfant, on résume :

    Le sommeil est plus réparateur lorsque l’horloge biologique est respectée.

    Les bébés et jeunes enfants ne sont pas capable de gérer seul leur fatigue (timing pour s’endormir, rythme, etc)

    Un enfant bien reposé supporte beaucoup mieux les petits changements du quotidien qu’un enfant épuisé.

    Le cortisol agit comme un stimulant : l’enfant semble plus excité, plus opposant, parfois même “en forme”,alors qu’il est en réalité très fatigué.

    Les enfants qui se couchent tard ou se lèvent très tôt ont généralement besoin de plus de sommeil, pas moins.

    À noter : les enfants très curieux, éveillés ou sensibles peuvent masquer leur fatigue plus longtemps que les autres !

    Pourquoi je vous explique tout ça ?

    Si je prends toujours le temps de transmettre ces informations avant un rendez-vous, c’est parce que je suis convaincue qu’il est difficile d’avancer sereinement sans comprendre ce qui se joue derrière les difficultés de sommeil.

    Avant de chercher des solutions, il faut d’abord comprendre ce que notre enfant essaie de nous montrer. Et surtout, j’aimerais que les parents retiennent une chose, les difficultés de sommeil ne sont pas le reflet de leur valeur en tant que parent. Si votre enfant dort difficilement aujourd’hui, cela ne signifie pas que vous faites mal les choses. Cela signifie simplement qu’il y a des besoins, des mécanismes ou un rythme qui méritent d’être mieux compris. C’est tout l’objectif de mon accompagnement : vous aider à y voir plus clair, sans jugement et sans culpabilité.

    Et c’est précisément ce qu’on travaille ensemble 💙