Bébé éveillé dans son lit, régression sommeil 4 mois

Régression du sommeil à 4 mois : que faire ?

Votre bébé dormait plutôt bien jusqu’ici, peut-être même aviez-vous commencé à retrouver des soirées un peu plus tranquilles, voire quelques heures de sommeil consécutives.

Et puis, autour de ses 4 mois… rebelotte ! Il se réveille plus souvent la nuit, ses siestes durent 30 ou 40 minutes, et vous avez l’impression qu’il demande votre présence pour se rendormir alors qu’auparavant il y arrivait plus facilement. Mais que se passe-t’il ?

Bienvenue dans ce que l’on appelle communément la régression du sommeil des 4 mois. Je vous rassure, votre bébé n’a rien « oublié ».

Son sommeil est simplement en train d’évoluer. Et même si cette période peut être particulièrement fatigante pour vous, les parents, il existe des petites actions à mettre en place pour mieux l’accompagner.

Qu’est-ce que la régression du sommeil des 4 mois ?

Le terme « régression » est finalement assez mal choisi dans cette expression, car autour de 4 mois, le sommeil de votre bébé ne régresse pas : il mûrit.

Comme l’explique l‘Assurance Maladie, le sommeil du nourrisson évolue progressivement au cours de ses premiers mois de vie, il est est très différent de celui de l’adulte. Ses cycles sont principalement composés de deux états : le sommeil actif et le sommeil calme. Puis, autour de 4 mois (avec des variations plus ou moins importantes d’un bébé à l’autre) la structure de son sommeil évolue sous l’effet de la maturation de son cerveau. De nouvelles phases de sommeil apparaissent progressivement et son sommeil devient plus complexe.

C’est donc une véritable transition physiologique. L’inconvénient, c’est que toute cette évolution peut momentanément rendre le sommeil plus fragile et les transitions entre deux cycles beaucoup plus visibles. Votre bébé peut alors se réveiller plus fréquemment et avoir besoin d’aide pour repartir dans un nouveau cycle.

Quels sont les signes de la régression des 4 mois ?

Tous les bébés ne vivent pas cette période de la même manière. Chez certains, vous remarquerez à peine la différence, tandis que chez d’autres, le changement sera beaucoup plus « spectaculaire »

Voici quelques signes que vous pouvez observer : 

davantage de réveils nocturnes

des siestes soudainement plus courtes

un bébé qui se réveille après un seul
cycle de sommeil

des difficultés nouvelles au moment de l’endormissement

un besoin accru d’être bercé, porté, nourri ou accompagné pour se rendormir

davantage de pleurs ou d’agitation autour des
temps de sommeil

des réveils plus matinaux.

Et parfois, tout arrive en même temps. Sinon, ce serait trop facile 😉​ Mais ces manifestations ne signifient pas forcément que votre bébé a un « problème » de sommeil.

Pourquoi mon bébé se réveille-t-il davantage vers 4 mois ?

À la fin d’un cycle de sommeil, nous connaissons tous de petits éveils, adultes y compris. Nous changeons de position, remontons la couette et repartons le plus souvent dormir sans même nous en souvenir le lendemain.

Votre bébé connaît lui aussi ces micro-réveils physiologiques. Seulement la différence, c’est que son sommeil est encore immature. À 4 mois, les transitions entre les cycles peuvent être plus délicates. Votre bébé peut bouger, râler, ouvrir les yeux et/ou pleurer quelques instants.

Mais c’est également une période charnière, car votre bébé commence aussi à prendre conscience de son environnement. Imaginons qu’il s’endorme chaque soir dans vos bras, bercé, puis soit déposé endormi dans son lit.

Lors d’un micro-réveil, il va constater que les conditions ont changé : « Minute… j’étais dans les bras de maman il y a deux secondes, moi ! ». Il peut alors réclamer les conditions dans lesquelles il s’est endormi pour parvenir à retrouver le sommeil, tout simplement.

Cela ne signifie pas que vous avez créé une mauvaise habitude. Bercer, allaiter, donner un biberon ou prendre son bébé dans les bras pour l’aider à dormir n’est pas une erreur, loin de là.

Mais si ces associations deviennent difficiles à vivre pour vous parce qu’elles doivent être reproduites à la lettre de nombreuses fois chaque nuit, vous pouvez progressivement les faire évoluer.

Combien de temps dure la régression du sommeil à 4 mois ?

C’est probablement la question que vous aimeriez le plus me poser à 3h17 du matin ! 😅

Malheureusement, il n’existe pas de chronomètre universel. Cette transformation du sommeil est liée à la maturation de votre bébé. Et contrairement à ce que laisse penser le mot « régression », son sommeil ne va pas simplement revenir exactement à son
fonctionnement précédent, il va continuer à évoluer.

Ce qui peut être temporaire, en revanche, c’est la période de désorganisation qui accompagne cette transition. Sa durée dépend de votre bébé, de son tempérament, de son rythme, de son environnement et de la façon dont il est accompagné. L’objectif n’est donc pas d’attendre désespérément que « ça passe », mais de l’aider progressivement à trouver ses nouveaux repères.

Régression des 4 mois : 6 conseils pour améliorer le sommeil de bébé

1. Vérifiez d’abord que votre bébé va bien

Avant d’attribuer automatiquement chaque réveil à la fameuse régression des 4 mois, vérifiez toujours qu’aucun inconfort ou problème de santé ne vient perturber son sommeil. Un bébé qui souffre aura naturellement plus de difficultés à dormir.

En cas de changement brutal du sommeil associé à des symptômes, des pleurs inhabituels ou si quelque chose vous inquiète, parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre.

2. Surveillez ses temps d’éveil

Autour de 4 mois, votre bébé devient de plus en plus éveillé et curieux. Le piège, c’est de laisser passer le bon moment pour le coucher. Or, un bébé très fatigué ne s’endort pas toujours plus facilement. C’est bien souvent l’inverse !

Observez donc ses premiers signes de fatigue : regard dans le vide, agitation, bâillements, frottement des yeux… Et gardez également un œil sur le temps passé éveillé, en moyenne entre 1h30 et 2h (bien sûr, les besoins varient selon les bébés, la qualité des siestes et les signes de fatigue).

L’objectif n’est pas de suivre un tableau à la minute près, mais de repérer progressivement le moment où votre bébé est prêt à dormir.

3. Instaurez un petit rituel de sommeil

À cet âge, la répétition devient particulièrement pertinente. Avant le coucher, vous pouvez mettre en place une succession très simple d’actions : change, gigoteuse, lumière tamisée, petite chanson, câlin, quelques mots toujours identiques puis au dodo. Quelques minutes et des gestes répétés dans le même ordre suffisent. Votre bébé apprend progressivement à reconnaître ces signaux et à comprendre que le moment du sommeil approche. Si le sujet du rituel de coucher vous intéresse, je vous invite à lire l’article que j’ai rédigé à ce sujet.

4. Soignez son environnement de sommeil

Votre bébé est désormais beaucoup plus sensible à ce qui l’entoure. Une chambre calme et suffisamment sombre peut l’aider à mieux dormir, notamment pour les siestes. La journée, continuez en parallèle à l’exposer à la lumière naturelle lorsqu’il est éveillé. Cette alternance entre lumière le jour et l’obscurité au moment du sommeil participe à la mise en place de son rythme jour-nuit.

Et, bien entendu, continuez à respecter les recommandations de couchage sécurisé adaptées à son âge.

5. Ne vous précipitez pas au moindre bruit

Oui, je sais, pas facile celle-ci ! Votre bébé bouge, grogne, pousse un petit cri… puis vous voilà bondissant hors du lit.

Mais attention, car tous les bruits ne correspondent pas à un vrai réveil. Lorsque votre bébé semble simplement s’agiter entre deux cycles et qu’il n’a pas besoin d’une réponse immédiate, vous pouvez observer quelques instants avant d’intervenir.

Il arrive qu’il se rendorme de lui-même, oui oui ! Cela ne veut pas dire le laisser pleurer. Il s’agit simplement de distinguer progressivement un micro-réveil d’un véritable appel.

6. Ajustez les habitudes d’endormissement si nécessaire

Votre bébé a le droit d’avoir besoin de vous pour s’endormir. Et vous avez aussi le droit de trouver épuisant de devoir le bercer 12 fois par nuit. Si une association au sommeil fonctionne pour toute votre famille, aucune obligation de la supprimer. En revanche, si elle devient trop contraignante, vous pouvez commencer à la faire évoluer petit à petit.

Par exemple, si votre bébé s’endort systématiquement au sein ou au biberon, vous pouvez essayer de déplacer petit à petit le repas plus tôt dans le rituel du soir. S’il s’endort uniquement bercé, vous pouvez progressivement réduire le bercement ou essayer ponctuellement de le poser un peu plus éveillé.

Mon conseil : allez-y progressivement. Mieux vaut un petit changement qui fonctionne qu’un grand bouleversement difficile à tenir pour toute la famille.

Et les siestes à 4 mois ?

Les siestes courtes sont encore très fréquentes autour de 4 mois. Le sommeil diurne est en train de s’organiser et votre bébé ne sait pas encore enchaîner plusieurs cycles à chaque sieste. Ne cherchez donc pas à obtenir immédiatement trois magnifiques siestes parfaitement régulières.

Commencez plutôt par observer son rythme. La première sieste du matin est souvent plus facile à stabiliser. Vous pourrez ensuite travailler progressivement sur les autres temps de sommeil. Et si certaines siestes nécessitent encore les bras, le portage ou davantage d’accompagnement, rassurez-vous, ce n’est pas un échec.

Votre bébé grandit, son sommeil évolue aussi

Cette période est particulièrement éprouvante, surtout lorsque vous aviez l’impression que les choses commençaient enfin à s’améliorer mais que les réveils nocturnes reviennent soudainement en force.

Gardez en tête une chose importante : votre bébé ne revient pas en arrière, il grandit ! Son cerveau mûrit, son sommeil évolue et il a besoin de temps pour s’habituer à ces changements.

Votre rôle n’est pas de lui apprendre à dormir du jour au lendemain, ni de supprimer tous ses réveils. Il s’agit plutôt de lui offrir des repères adaptés, de respecter ses besoins et, progressivement, de l’accompagner dans l’évolution de son sommei.

Vous n’avez pas besoin de tout changer en même temps. Parfois, ajuster les temps d’éveil, revoir l’heure du coucher, modifier légèrement le rituel du dodo ou faire évoluer certaines habitudes au moment de l’endormissement suffira amplement à améliorer la situation !

Si les nuits de votre bébé sont devenues compliquées à l’approche de ses 4 mois, sachez que vous n’avez pas à traverser cette période seuls. En tant que consultante spécialisée en sommeil chez les tout-petits, je peux vous aider à y voir plus clair et à retrouver des nuits plus sereines, à votre rythme.